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publié le 14/09/2015 à 10h23

Crowdfunding, une histoire déjà longue

Loin d'être un phénomène spontané, le financement participatif a déjà un passé considérable mais connait son âge d'or depuis l'avènement d'internet.

1883, Pulitzer ébauche le financement participatif à grande échelle

Il est des destins qui vous prédisposent à entrer dans l’histoire, celui de Joseph Pulitzer est de cette trempe-là.

En 1883, le trentenaire n’est pas encore passé à la postérité en laissant son nom à la plus haute distinction du journalisme, mais il est déjà le propriétaire du New York World. C’est dans les colonnes de ce quotidien que Pulitzer mène une campagne... de crowdfunding! Probablement l’une des premières de l’histoire, en tout cas celle qui est considérée comme étant à l’origine de ce mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur aujourd’hui.

Il s’agissait alors de récolter des fonds pour achever la construction de la statue de la Liberté, en particulier de son socle, à une époque où les autorités américaines étaient encore loin d’imaginer qu’elle deviendrait un jour le symbole de leur nation... Près de 120 000 personnes avaient contribué à l’érection de la statue, donnant parfois 1 $, une somme pour le quidam de l’époque.

 

theworld
Acte fondateur du crowfunding : le New York World du 11 Août 1883 témoigne de la réalisation du socle de la statue de la Liberté grâce à la contribution généreuse de 120 000 citoyens.

 

En attribuant de manière assez unanime la paternité du « financement par la foule » — financement volontaire bien sûr, à la différence de l’impôt, obligatoire — à Joseph Pulitzer, on ne se trompe pas vraiment mais on oublie un peu vite comment la première partie de la construction de la statue avait été payée : par le grand public, déjà ! En l’occurrence, près de 100 000 Français qui avaient uni leurs efforts en 1874, sans bénéficier peut-être d’une caisse de résonance comme le New York World pour le faire savoir. En d’autres termes ? Ils n’avaient pas fait le « buzz ».  

 

En croissance constante

 

Près de deux siècles plus tard, le financement participatif a, plus que jamais, le vent en poupe. En France, par exemple, il représentait huit millions d’euros en 2011, 27 millions en 2012, 78 millions en 2013 et 154 millions l’an passé*. À ce rythme, le secteur aura atteint le milliard d’euros d’ici 2018. Il faut dire que, si d’autres initiatives ont succédé à celle de Pulitzer bien avant l’avènement d’internet (telles que le Téléthon, apparu aux États-Unis puis repris dans d’autres pays), ce média a puissamment contribué à son expansion. En France toujours, on citera la campagne menée en 2004 par Guillaume Colboc et Benjamin Pommeraud, deux jeunes producteurs qui ont financé leur court-métrage, « Demain la veille », en lançant un site invitant les internautes à donner en échange de contreparties artistiques, en inscrivant leur nom au générique par exemple.

évolution crowfunding france 2015

*Ces chiffres proviennent de l’étude menée en 2015 par le cabinet EY et l’Université de Cambridge

La démarche des deux producteurs marquait déjà presque une nouvelle forme de crowdfunding. La première était fondée sur la générosité des donateurs : comme dans le cas de la campagne menée par Pulitzer, ils étaient appelés à mettre la main au portefeuille sans contrepartie autre que la satisfaction d’avoir fait œuvre utile, à leurs yeux en tout cas. En proposant une contrepartie non pécuniaire, comme l’ont aussi fait très tôt Kickstarter aux États-Unis ou Ulule en France, les plateformes de crowdfunding ont préfiguré une nouvelle forme de financement participatif, en un mode « gagnant-gagnant » bien plus susceptible d’avoir, à moyen terme, un impact sur l’économie au sens large.

 

Deux catégories de prêt


Car après le temps des contreparties non pécuniaires, on est passé du don au prêt, et cette mutation a porté un nom : le crowdlending. En France, ce mode de financement des particuliers ou des entreprises par des particuliers est arrivé en 2013. Il se divise en deux catégories : le prêt solidaire d’un côté, qui se rapproche des premières formes de crowdfunding en ce qu’il ne permet pas de gagner de l’argent. Tout juste l’investisseur est-il assuré de revoir sa mise, en ayant au passage contribué à un projet auquel il croit ou qui lui tient à cœur. Et puis il y a donc le prêt rémunéré, qui se situe sur un tout autre créneau.

Dans cette forme-là de crowdlending, les prêteurs touchent des intérêts. Ils se substituent en cela aux banques et autres organismes de crédit, s’inscrivant pleinement dans une grande tendance de l’époque : celle de la suppression des intermédiaires, d’une intervention directe du citoyen dans l’économie réelle. L’avantage est mutuel : les entrepreneurs qui empruntent par ce biais n’ont plus à monter de fastidieux dossiers auprès de banquiers souvent peu au fait de leur secteur d’activité, et qui ne sont de toute façon pas les décisionnaires finaux, au sein d’établissements enclins à la plus grande prudence depuis la dernière crise financière. Pour les prêteurs, il y a donc la satisfaction de savoir à qui l’on prête, dans quelles conditions et pourquoi, tout en étant susceptible de recevoir une rémunération importante sans prendre des risques démesurés : sur Finsquare, par exemple, l’une des plateformes françaises les plus dynamiques, les taux d’intérêt peuvent grimper jusqu’à 10 %.

 

Voué à « changer le monde » ?

 

Connaissant donc un essor considérable, le crowdfunding et le crowdlending peuvent-ils continuer leur croissance et devenir demain des éléments incontournables de l’économie mondiale ? « Oui », répondent sans détour nombre de spécialistes, à l’image de Scott Purcell, l’un des pionniers d’internet converti depuis au crowdfunding.

« Les investisseurs vont continuer d’acheter des actions (…), mais la plus grande partie de l’activité d’investissement se fera sur les marchés privés par l’intermédiaire de plateformes de financement participatif qui sont aujourd’hui considérées comme “alternatives” mais qui, dans un proche avenir, deviendront majoritaires », écrivait-il récemment.

« Demain, les investisseurs qui passeront par la Bourse seront aussi rares que ceux qui téléphonent depuis une cabine publique aujourd’hui », ajoutait-il.

Concluant que le crowdfunding était voué à « changer le monde »... En France en tout cas, une étude récente (déjà citée plus haut) estimait qu’il y avait à l’heure actuelle un potentiel d’emprunt de 85 milliards d’euros de la part des entreprises auprès des particuliers. Dans l’autre sens, ces derniers seraient enclins à prêter 75 milliards aux TPE-PME. Un potentiel très important, à court terme donc. Alors à moyen et long terme...

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Derniers commentaires
mouaaaaad
3 ans

tres bon article . super travail mec . question s il vous plait j aimerais bien avoir des filleuls mais je sais pas quoi faire ^^

En complément de cet article très complet, je vous recommande celui-ci sur cBanque, qui a l'avantage de présenter des chiffres clairs et précis :
http://www.cbanque.com/actu/53979/fintech-comment-les-plateformes-de-crowdlending-gagnent-de-argent

Cordialement
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